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Devenir un agriculteur respectueux de l’homme et de l’environnement :Se former en bio-dynamie
L’ambition des jeunes qui participent à la formation bio-dynamique est de soigner la terre. Rien de moins ! Des têtes nourries d’idéaux, de belles pensées, d’envies de changer le monde… en toute conscience. Des bras chargés d’expérience, de maladresse, de bon sens… selon le parcours de chacun. Ils sont enfants d’agriculteurs, bio-dynamistes ou non, néoruraux ou purs citadins, qu’importe. Ce qui importe, c’est leur motivation : motivation pour un projet agricole, motivation pour s’engager dans une formation unique, motivation pour apprendre et mettre en pratique une autre agriculture, au service de la terre.
Une formation créée par des agriculteurs
Cette formation est née de la volonté de paysans bio-dynamistes. Ils accueillaient déjà des stagiaires sur leurs fermes, mais sans statuts spécifiques, sans cours théoriques, sans encadrement. Alors ils ont travaillé dur pour que cette formation prenne forme : ils se sont réunis beaucoup, et formés eux-mêmes, au travail de groupe, à ce que signifie former de jeunes adultes, aux approches pédagogiques. Et le Brevet Professionnel Agricole a vu le jour en 1990, déjà en collaboration avec le CFPPA d’Obernai (Centre de Formation Professionnel et de Promotion Agricole).
18 ans après, qu’en est-il ? La formation a évolué il y a 3 ans du BPA au BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole) polyculture élevage adapté à la bio-dynamie, diplôme nécessaire pour s’installer en tant qu’agriculteur et pouvoir prétendre aux aides à l’installation.
Aujourd’hui une vingtaine de stagiaires sont sortis avec pour la plupart, l'intention de revenir à la terre (témoignages ci-joints).
Acquérir un regard sur le vivant
L’objectif de ces 2 années est de donner des bases solides à des personnes qui souhaitent devenir agriculteur en bio-dynamie. On ne devient pas agriculteur en 2 ans, c’est évident, mais on peut commencer à remplir son sac de bons outils, de méthodes intéressantes et de bonnes références. S’il fallait choisir une chose avec laquelle l’équipe pédagogique souhaite que les stagiaires repartent, ce serait sans doute un développement de leurs sens, une capacité d’observation accrue : une façon de regarder le vivant, les végétaux, les animaux, pour agir ensuite en respectant ces êtres. Sont également abordés bien sûr : les bases essentielles de l’agronomie, les soins aux cultures, l’élevage, les bases de gestion d’une entreprise, les techniques spécifiques à l’agriculture bio-dynamique…Sans oublier que cette formation constitue également une forte expérience humaine, nécessaire quand on sait que beaucoup souhaitent s’installer à plusieurs, et que la première cause de séparation dans les associations agricoles est le facteur humain et non technique.
Une formation complète de l’homme :
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Deux périodes de cours théoriques de 4 mois ont lieu, au centre de formation, en hiver.
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Des cours artistiques (modelage, chant) jalonnent la formation, pour apporter de la respiration et une sensibilité : l’agriculture est aussi culturelle.
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Il y a deux périodes de stage de 7-8 mois, l’une sur une ferme d’élevage et l’autre sur une ferme de productions végétales, afin de percevoir le travail agricole dans sa globalité, de vivre ses rythmes quotidiens ainsi que les différents travaux au fil des saisons, d’acquérir des gestes et de bons réflexes. Une des bases de la bio-dynamie est la complémentarité au niveau de la ferme, aussi appelé organisme agricole : des productions végétales pour nourrir les animaux, des bêtes pour produire de la fumure pour les terres… un cercle vertueux !
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Les agriculteurs en bio-dynamie sont impliqués dans la formation professionnelle : un collège d’enseignement composé de formateurs et de paysans propose des orientations pédagogiques, des cours et des intervenants, selon le cadre imposé par le Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricoles (CFPPA). Les maîtres de stage qui proposent d’accueillir des stagiaires, réunis en collège, se réunissent 3 fois par an afin d’échanger sur la pédagogie mise en œuvre sur les fermes et les différentes difficultés qui peuvent survenir.
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Une caisse de solidarité, alimentée par les fermes et les stagiaires, est gérée par les stagiaires et les maîtres de stage afin de répondre aux besoins annexes de la formation ; c’est aussi un support pédagogique concret pour travailler sur l’argent : comment gérer de l’argent collectivement ?, quel est mon rapport à l’argent ?, etc...
20 ans déjà !
20 ans que la formation en bio-dynamie existe, cela signifie plus de 200 stagiaires : quelle aventure ! Beaucoup d’entre eux se sont installés, et ce qui est remarquable c’est qu’aujourd’hui un certain nombre des maîtres de stage sont d’anciens stagiaires de la formation, étonnant non ?
Soazig CORNU, Animatrice du Syndicat d’Agriculture Bio-Dynamique.
Informations Importantes :
Prochaine promotion : Novembre 2011 / Octobre 2012
Recrutement : 2ème trimestre 2011
Contact :
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- Maison de l’Agriculture Bio-Dynamique – Martin QUANTIN - 5 Place de la Gare, 68 000 COLMAR - 03.89.24.36.41 -
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- www.bio-dynamie.org
Le témoignage des anciens stagiaires - Prmotion 2007/2009
Orfée Thiry
« La formation en biodynamie dont je bénéficie actuellement est composée de couleurs variées : nous avons la chance d'avoir des intervenants avec des points de vue très différents, des expériences pratiques ou théoriques, des agriculteurs, des chimistes, des agronomes, et chacun apporte sur la biodynamie ou l'agriculture un éclairage personnel et différent du précédent.
C'est un peu comme les cartes d'un puzzle, et si cela peut sembler un tantinet déroutant, je le vois comme une force, car loin du dogmatisme ou de la pensée unique, nous apprenons à nous construire une opinion individuelle et souple sur les facettes de la biodynamie et du monde entier qui nous entoure.
Merci. »
Baptiste Lucas,
Baptiste est fils d’agriculteur. C’est un voisin, maraîcher biologique, qui lui a parlé de la formation en bio-dynamie. Il a été attiré par l’aspect global, la notion d’autonomie, le fait d’aborder les cultures et l’élevage. Il voulait être en symbiose avec ce qui l’entoure. C’est seulement ensuite que Baptiste a découvert d’autres aspects : le soin de la terre, les techniques spécifiques comme les préparations bio-dynamiques... Il a trouvé ce qu’il cherchait, et même des choses auxquelles il ne s’attendait pas, notamment dans le domaine du social : caisse de solidarité gérée par les stagiaires, création d’une association, outils pour communiquer et travailler avec d’autres… Cette formation apprend à regarder autrement, à avoir une ouverture d’esprit plus large.Le fait par exemple d’aborder la diversité des productions ouvre des portes, permet de mieux comprendre l’autre, amène chaque élève à se poser des questions : Baptiste se sent maraîcher, mais, après 8 mois de stage en élevage, il pourrait presque hésiter…Et puis les intervenants ne sont pas figés : ils sont créatifs, en chemin, ils cherchent, et ce côté humble permet de s’inclure dans cette dynamique. Ils souhaitent vraiment transmettre, ils ont confiance en la nouvelle génération.La rencontre humaine est permise. La relation avec les autres stagiaires est elle aussi très enrichissante. Baptiste trouve très positif de faire un stage de 8 mois sur une ferme. L’agriculteur est aussi un pédagogue, on reste dans un processus de formation, on se rencontre dans un rapport humain égalitaire. Cela fait germer des idées pour son propre projet, son installation. Le projet personnel de Baptiste est un vrai cheminement ! La reprise de la ferme familiale n’est plus une évidence absolue. Le fait d’avoir cette possibilité lui a permis de projeter les interventions sur sa ferme familiale : des limites dans l’application sont apparues, le projet a évolué, les questions sociales ont émergé, l’envie de trouver des associés… Il a hâte de découvrir le maraîchage sur le long terme lors du prochain stage. La formation permet ainsi d’être sûr de ce que l’on veut faire, de ne pas se tromper.Aujourd’hui une chose est sûre : Baptiste est bien dans cette formation, et il sait désormais qu’il ne veut pas travailler tout seul sur son coin de maraîchage.
La formation vue par Etienne Duport,
Etienne faisait des études dans l’aérospatiale… et il a eu le déclic agricole en lisant un ouvrage de Pierre Rabhi « Parole de Terre ». Un projet est né, faire des ateliers avec des enfants autour du potager. Pour cela il fallait être reconnu, se former, alors Etienne est allé sur des fermes, il y a entendu parlé de la bio-dynamie, et a finalement trouvé l’existence de la formation sur le site de la bio-dynamie.
Il souhaitait une formation complète sur l’agriculture, avec des dimensions supplémentaires au conventionnel ou au biologique : ce qui le motivait c’était la notion d’organisme agricole, l’aspect global des choses. Etienne apprécie que la formation propose des stages de longue durée. Rester toute la saison sur un lieu permet de réaliser un tour complet de l’activité, de prendre de l’assurance dans les gestes acquis. Il aime aussi la diversité des intervenants, et le fait que certains cours soient très pointus. La formation éveille de nouvelles envies. Elle ouvre à Etienne la possibilité de faire un projet avec d’autres. Il est décidé à voyager après la formation, à voir ce qui se passe en Australie, dans le Sahel, là où la nature est pauvre. Il a le rêve de faire fructifier une nature hostile, de reverdir le désert… en y ajoutant un volet pédagogique. Son ambition n’est pas de faire une activité agricole uniquement centrée sur la production. La formation est un milieu favorable au changement, au cheminement personnel. Il est heureux d’être là. Il faut partir de l’hypothèse que l’on ne sait pas tout et qu’il y a d’autres dimensions.Etienne vit la formation comme une alternative enthousiasmante et sensible au monde agricole classique, dans sa forme comme dans son fond.
Témoignage de Sophie Penot
« J'en suis venue à faire une formation le jour où j'ai pris conscience de cette responsabilité que l'on pose entre les mains des paysans : le soin de la Terre. J'étais bergère là-haut dans les Pyrénées, partie pour un an, de retour à l'agriculture sur une ferme en biodynamie. En un an, je m'étais dis que j'arriverai bien à faire le tour de cette pratique agricole, mais non ! Je venais juste d'entrouvrir une porte vers une approche "pas uniquement matérielle" du vivant, une façon de s'approcher de l'essence des choses.
J'y cherchais des connaissances mais aussi un accompagnement dans ces connaissances et dans l'atterrissage de mon projet. J'y ai trouvé tout ça et bien plus, car on est 20 à s'être embarqués dans cette aventure. Que de rencontres enrichissantes ! et donc toute une dynamique sociale englobe le tout avec notamment une caisse de solidarité gérée par les stagiaires, la création d'une association, autant d'espaces pour essayer des outils de débats, de prises de décisions bien utiles quand on veut travailler avec d'autres.
En regardant un peu en arrière, je ne mesure pas encore tout le chemin parcouru, mais je me sens grandir, les antennes éveillées, l'esprit ouvert, une soif qui s’apaise un peu. J'ai aussi rencontré une autre pédagogie avec nos intervenants, vivante, accrochante, pas dans le jugement, ils nous invitent à prendre des données et à les faire nôtres. Les cours artistiques aussi me font ressentir et vivre toutes ces connaissances, ces forces à l'intérieur.
Ce qui me motive surtout je crois c'est le côté social, on réinvente ensemble d'autres façons de faire, de se lier à l'argent... et aussi les stages où j'ai pu rencontrer des personnes qui ont su vivre certains de leurs idéaux, où des idées germent, pour prendre place dans mon futur
projet.
Ce qui est parfois difficile, c'est le contenu si dense qu'il est parfois difficile de tout ruminer en soi.
J'étais arrivée à la formation avec le projet de m'associer avec d'autres sur cette ferme dans les Pyrénées pour m'y occuper des brebis et des fromages. Prendre le temps de me former me permet de prendre du recul et de saisir ce qui semble le plus juste, pour moi, de réaliser, d'en prendre pleinement conscience et de le faire atterrir doucement sur la Terre.Concrètement, je ne sais pas encore si ma mission est de m'occuper des brebis mais je prendrais volontiers les bottes de fromagère et peut être même le sécateur de l'arboriculteur, activité que j'ai découverte lors de mon premier stage et qui m'enchante! »
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